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28Avr/13Off

[Reporting des Teams] Kawa Soft

Cette semaine pour le reporting des teams il sera question de l'équipe Kawa-Soft qui travaille actuellement sur la traduction de la version complète de Katawa Shoujo ainsi que sur World End Economica et ayant déjà traduits des titres comme Narcissu, Narcissu Side 2nd, True Remembrance, The Elevator et Sugar's Delight.

La personne ayant été interviewé est Mereck, co-fondateur de l'équipe et président de l'association Kawa Soft.

1)- Comment avez-vous découvert les VN et avec lequel en particulier ?

Houla, ça remonte à plus de 10 ans maintenant... Je ne saurais dire quel titre en particulier m'a fait découvrir le genre, mais un des premiers VN (qui était un eroge en l’occurrence) dont je me souvienne était X-Change. Le premier VN non-eroge auquel j'ai pu toucher était Narcissu.

2)- Qu'est-ce qui vous a poussé à traduire des VN ?

Nous voulions proposer une alternative légale à la scène fansub/fantrad.

3)- Quels sont les facteurs que vous recherchez dans les VN que vous voulez traduire ?

Notre appréciation personnelle de l'oeuvre.

4)- Pouvez-vous nous parler de l'histoire de la création de votre équipe ?

La Kawa-Soft s'appelait à la base la Kawa-Team. Elle a été fondée par moi-même (Mereck) et une autre personne qui a rapidement quitté l'équipe. La Kawa-Team est ensuite devenue la Kawa-Soft et a commencé à recruter ça et là pour sa première sortie : Narcissu.

5)- Définissez votre équipe en 2 mots

Passion & fun.

6)- Qui sont les personnes qui composent votre équipe ?


Nous sommes une dizaine de membre régulier et lors de certaines phases de traductions (notamment la correction), nous prenons quelques externes supplémentaires pour nous assister et nous donner un point de vue différent du notre. Sur cette dizaine, 3 sont membres du bureau, 2 du conseil d'administration, les autres participent à la vie de l'association.


7)- La traduction de VN étant en japonais à la base, cela pose certains problèmes d'adaptation dans la langue française. Quel parti-pris prenez vous pour ce genre de problème ? (Une traduction avec quelques notions de japonais pour les adeptes de la Japanimation où une traduction totale pour que n'importe qui comprenne au risque de perdre un peu du sens originel)

Nous privilégions la lisibilité tout en conservant une part de fidélité au contenu original.

8)- Qu'est ce qui vous motive dans votre travail ?

La promotion des visual-novel et, par extension, de la culture visuelle moderne nippone en France.

9)- Quel est votre rapport par rapport aux fans de VN / aux fans de votre groupe ?

Nous essayons de satisfaire un maximum de fans, quels que soient leurs horizons. Nous apprécions nos fans, mais nous n'avons pour l'instant pas vraiment fait d'effort spécifique envers eux. Toutefois, cela devrait bientôt changer...


10)- Quel est votre rapport avec les autres équipes de traduction de VN ?

Cordial, nous faisons tout ce qui est dans nos moyens pour les assister au mieux dans l'accomplissement de leur projet.


11)- Comment définiriez-vous le VN avec vos propres mots ?

Roman Visuel Interactif

12)- Que pensez-vous du futur du VN en France? Notamment des projets de VN français qui commencent justes à se faire entendre ?
Pour l'instant, nous pensons qu'il ne s'agit que d'une niche dans un marché de niche. Mais nous allons bientôt checker l'état de celui-ci avec nos futures grosses sorties pour la prochaine Japan Expo.

Sinon nous attendons toujours de voir un projet digne de ce nom sortir, qui puisse servir de représentant à la scène VN Francophone.

7Avr/13Off

[Reporting des teams] Träumendes Mädchen

Le reporting des teams continue, avec cette fois-ci une équipe spéciale, celle de Träumendes Mädchen, créatrice de visual novels francophones avec comme projet principal Milk ~ La légende des étoiles dont le premier épisode est sorti en février 2013, et avec d'autres projets secondaires comme Being Beauteous, créé à l'occasion du concours Visual Novel No-Xice 2012 et Ambre pour le Nanoreno 2013.

La personne ayant répondu à nos questions est Helia, fondatrice de du dev-blog Träumendes Mädchen et du site La mélancolie d'une otaku.

1)- Comment avez-vous découvert les VN et avec lequel en particulier ?

Le tout premier VN auquel j'ai joué c'était Narcissu. J'en avais entendu parler sur des blogs otakus que je lisais à l'époque parce que la Kawa Soft comptait en faire une traduction. Comme je suis un peu impatiente, je suis allée directement le découvrir en anglais et j'ai été épatée par les possibilités que permettaient le média.

Dans le même temps, j'ai été longtemps persuadée que les eroge étaient tous des jeux pornographiques avec un scénario ridicule et il a fallu que je découvre plusieurs eroge avec un fort scénario pour me convaincre du contraire (d'abord Saya no Uta parce qu'on en parlait sur ces mêmes blogs otaks, et ensuite -surtout- Yume Miru Kusuri, découvert un peu par hasard)


2)- Pouvez-vous nous parler de l'histoire de la création de votre équipe ?

A la base, je ne pensais pas être prête à écrire pour un VN et je me contentais de tenir mon petit blog personnel régulièrement, avec l'idée de peut-être faire un jour un petit jeu parodique sur une idée farfelue. Et puis j'ai fini par avoir un élan d'inspiration. L'histoire qui est sortie de ma tête à ce moment-là me plaisait tellement que j'ai décidé qu'il fallait absolument qu'elle voie le jour

Le problème c'est que je n'ai pas de talent pour le dessin (j'aimerais bien mais je suis une quiche). En plus de cela je suis très maladroite quand il s'agit d'utiliser RenPy (le moteur de VN le plus populaire et le plus simple actuellement) et on m'a assuré que ce n'était pas une bonne idée d'utiliser de la musique qui ne soit pas libre de droits.

Il m'a donc bien fallu rechercher des co-équipiers une fois la rédaction du projet terminé. Comme j'avais continué à tenir ce blog, j'avais quelques lecteurs par-ci par-là et parmi eux il y en a eu qui ont bien voulu m'aider. C'est à partir de là que l'équipe s'est formée petit à petit.

3)- Qui sont les personnes qui composent votre équipe?

Actuellement le coeur de l'équipe se compose de moi en tant que chef de projet/scénariste, Morsy et Melow aux graphismes, Roganis à la musique et Keul à la composition. Nous avons aussi des membres plus informels qui filent un coup de main pour d'autres tâches plus ingrates : à la correction il y a Orfaen et Faf, qui s'occupe aussi du web-design.

En sachant que deux de nos graphistes ont dû nous abandonner pour des raisons diverses et variées, je ne les compte donc pas dans le lot mais ils ont réellement participé au projet.

4)- Définissez votre équipe en 2 mots

En deux mots 0______o ?

Eh ben, c'est concis comme demande X')

Hum....

"Soudée et bon enfant" ?

J'avoue que je sèche, 2 mots c'est vraiment trop peu pour moi ^^'

5)- Avez-vous eu la moindre expérience personnelle dans l’écriture d’un scénario/roman avant Milk ?

Un peu, mon neveu ! Je suis écrivain amateur par hobby, donc forcément ce n'est pas la première fois que j'ai l'envie de bâtir une histoire. J'écris depuis toute petite, je suis littéraire de formation et j'ai déjà participé à quelques concours pour voir un peu ce que cela donnait.

Cependant, jusque là j'éprouvais des difficultés à achever mes récits. Donc bizarrement, même si j'écris depuis très longtemps, Milk est mon plus gros texte achevé à ce jour. J'ai bien un gros roman inachevé toujours dans les tiroirs mais ma priorité étant sur les visual novel, je ne compte pas le finir avant un moment -si j'arrive à m'y remettre.

6)- Quelles sont vos sources d’inspiration pour ce projet ?

Il y en a tellement que je ne pourrais pas tous vous les lister comme ça, de tête XD. J'ai pris appui sur des sources très diverses : ça va de la littérature classique (je cite du Rousseau, du Choderlos de Laclos, du Marivaux), à de la littérature moins classique (des contes de Andersen, une pièce de théâtre pour enfants), en passant par de la B.D (Thorgal), des dessins animés (Babar, Ulysse 31, les Tortues Ninja), des films (aucun titre ne me vient, malheureusement), des jeux-vidéo (j'en cite plein), des animes (je cite du Haruhi mais on peut sentir parfois mon amour pour Serial Experiments Lain ou Noir), des visual novel (je cite Yume Miru Kusuri mais je pense aussi à Narcissu ou Saya no Uta) avec aussi parfois des références mythologiques (mythologie grecque, mythologie celtique).

Je dirais que ma particularité c'est justement que je mélange beaucoup de sources différentes et a priori incompatibles pour en faire des histoires qui me ressemblent et qui sont égalemment influencées par des choses que j'ai vécu ou des gens que je connais).

Reste à voir si mon côté éclectique plaît aux gens ou pas, mais le but c'est avant tout pour moi d'aimer ce que j'écris (c'est tout de même plus dur d'être motivé si on n'aime pas son histoire).

7)- Que trouvez-vous être le plus dur ? Avez-vous eu des difficultés inattendues ?

Je dirais que le plus dur au début c'est de comprendre comment on est censé s'organiser lorsqu'on veut créer un visual novel. Personne n'en parle nulle part, on est obligé de découvrir, de trébucher, d'apprendre alors qu'une fois que c'est lancé, ça va beaucoup mieux, mais ça prend du temps.

Par contre, par la suite, ce qui devient le plus compliqué à maîtriser c'est ce qu'on appelle le "turn-over". En gros, quand les membres apparaissent et disparaissent, parce que cela suppose de tout ré-organiser proprement à chaque fois. Cela me demande de beaucoup m'adapter et ça introduit surtout pas mal d'incertitude parce qu'on ne peut jamais prévoir ce qui va arriver dans la vie des autres.

Je dirais que ce sont ces deux éléments là (désormais, pour nous, surtout le deuxième) qui apportent le plus de difficultés inattendues.

8)- Qu'est-ce qui vous motive dans votre travail?

Cela peut paraître très cliché mais tant pis... Lorsqu'on est écrivain, ce sont les oeuvres que l'on écrit qui nous font vivre, qui donnent du sens à ce que l'on est. Alors ce qui me motive dans le fait d'écrire c'est tout simplement que ça donne du sens à ma vie. J'ai l'impression de servir à quelque chose, d'être utile et je m'accroche à cette sensation.

Je n'aime pas être en manque d'inspiration parce que ça me déprime, ça me fait me sentir inutile. Même si je suis heureuse en marge de l'écriture (ce qui se passe dans ma vie privée), j'aurais toujours ce sentiment d'insatisfaction qui va me bouffer de l'intérieur.

Alors, même si les gens n'aiment pas ce que je fais, je dois continuer à écrire jusqu'à ce qu'un jour j'ai enfin le sentiment d'avoir fini mon oeuvre, de ne plus rien avoir à dire.

C'est pour cela que je tiens autant à ce projet, parce qu'il m'est nécessaire, et je suis prête à me battre et à aller jusqu'au bout...pour pouvoir passer au suivant, et encore au suivant après cela. Des projets (dont des projets de VN) j'en ai des tonnes dans ma tête et je crains n'avoir qu'une seule vie pour tous les finir. Autant y aller à fond dès maintenant !

Tout ceci était horriblement cliché, je m'en excuse, vous pouvez me lapider tout de suite en place publique ^^'

9)- Quel est votre rapport par rapport à la communauté du VN français ?

Euh, je ne suis pas sûre de bien comprendre : qu'est-ce que tu entends par rapport ?

Et justement il n'y a pas de communauté du VN français, si 0__o ?

Ou alors j'ai manqué des tas d'épisodes <_<

Intervieweur :

- Disons au fans de VN

Helia :

-Et pour le "rapport", tu parles de quoi ? Ce que je pense des fans de VN français ? Comment je construis mon VN par rapport à ce public-là ?

Intervieweur:

- Oui, ou comment tu les vois, comment tu interagis avec eux.

Helia :

-Interagir avec eux ? Hum...

Globalement pas mal de fans de VN que je connais sont très centrés sur 3-4 titres qu'ils encensent en permanence, ce que je trouve un poil dommage parce que du coup ils se ferment à la nouveauté et à de potentielles surprises (certaines personnes ne jugent par exemple que par certains types de VNs japonais et considèrent que les VN anglophones sont forcément inférieurs)

mais en dehors de cela, je n'ai pas de difficultés particulières avec eux et il m'arrive d'entamer la conversation quand l'occasion se présente.

Après, je ne leur en veux pas du tout dans le sens où je suis une des rares personnes un peu "spécialiste" sur les visual novel amateurs réalisés en anglais et que quand on ne s'y connait pas, on peut vite être noyé dans la masse de productions et ne pas trop savoir ce qui vaut le coup ou pas.

Si c'était possible, j'aimerais bien que davantage de fans de VN s'intéressent à cette sphère afin de me trouver des partenaires de conversation parce que ça me manque un peu mais ça c'est juste un caprice de ma part XD.


10)- Comment définiriez-vous le VN avec vos propres mots?

Sur la FAQ de notre Dev-Blog, j'appelle ça un "croisement ingénieux entre un livre et un jeu vidéo" et je maintiens toujours. A mes yeux, le visual novel restera toujours un livre intéractif mais dont l'intéractivité varie selon la vision qu'en a le créateur, ce qui offre énormément de variantes et de possibilités.


11)- Que pensez-vous du futur du VN en France?

 Je dirais qu'il est encore à bâtir et que c'est cela qui est fascinant : tout est encore possible. Au Japon, le média est déjà totalement nécrosé par des tonnes de codes qui offrent assez peu peu de libertés aux créateurs alors qu'en Occident, ça va surtout dépendre de la direction donnée par les premiers arrivés et des personnes qui vont suivre.

Je pense que le visual novel a un avenir dans le sens où il peut redonner le goût de la lecture à des personnes qui s'en sont désintéressé (les jeunes, par exemple, qui sont beaucoup plus familiers des jeux-vidéo) mais aussi dans le sens où le média est porteur d'un nombre impressionnant de possibilités.

Reste que pour parvenir à l'éclosion du genre en France, il faut encore que des personnes motivées se retroussent les manches et proposent leurs créations afin de, peut-être, en inspirer d'autres, qui en inspireront d'autres à leur tour (le fameux effet boule de neige). C'est comme ça que la création fonctionne.

Et c'est pour cela qu'avec la team on espère contribuer à donner cette impulsion. Avec nos petits moyens à nous, bien sûr, on n'a pas la prétention de lancer un mouvement tout seul XD.

18Mar/13Off

[Reporting des teams] Visual Test

Un nouveau reporting s'annonce et cette fois-ci il s'agit de l'équipe Visual Test connu pour leurs nombreux tests de visual novel, pour la traduction du visual novel The Dandelion Girl et pour l'adaptation en visual novel d'une nouvelle de Lovecraft : Beyond the wall of sleep.

La personne ayant répondu à nos questions est Kilarn, fondateur du site Visual Test.

1)- Comment avez-vous découvert les VN et avec lequel en particulier ?

J'ai découvert les VN par un hasardeux concours de circonstances. En 2009, je m'étais relancé dans le visionnage de la série animée « Higurashi no Naku Koro ni ». Après avoir terminé de regarder les deux saisons ainsi que les OAV, je m'étais rendu sur Mononoke-BT (http://mononoke-bt.org/), tracker et forum privé où j'ai l'habitude de traîner. Au fil des discussions, j'ai appris qu'une autre animation de la même compagnie était en cours de diffusion : Umineko no Naku Koro ni. Ni une ni deux, je saute sur mon client torrent et débute le téléchargement. Après quelques épisodes, je tombe sous le charme. Malheureusement, la série étant toujours en diffusion, je reste donc sur ma faim en attendant la suite... Tout du moins, jusqu'à ce que l'on vienne m'avertir sur Mononoke-BT que l'animation est une « adaptation du Visual Novel ». De nature curieuse, je me procure la chose et commence à la lire. Après environ deux heures de lecture, je me rends compte que je n'ai toujours pas atteint la fin du premier épisode de l'animation. Mais peu importe : j'avais découvert quelque chose de formidable.

Umineko no Naku Koro ni a donc été le premier VN que j'ai lu entièrement. Je m'étais essayé quelques années avant à Fate Stay Night, mais je n'ai pas réussi à m'y plonger assez longtemps. Je voyais à l'époque les Visual Novel comme des jeux vidéos, erreur gravissime de ma part.

 

2)- Qu'est-ce qui vous a poussé à faire des critiques et des traductions de Visual Novel ?

J'ai passé un certain temps sur Mononoke-BT à discuter d'Umineko no Naku Koro ni et d'autres VN. Grâce à cette communauté, j'ai découvert quelques classiques : Saya no Uta, Kikokugai, Ever17... Au fil du temps, j'ai commencé à rédiger de petits avis sur mes dernières lectures, afin d'en faire profiter les membres intéressés par le sujet.

Lire des Visual Novel est plus un passe-temps qu'une véritable passion. Pourtant, j'y trouve un certain plaisir. Ainsi, si cette littérature a pu intéresser un gars comme moi, je suppose qu'elle peut intéresser d'autres personnes. Mon but n'est pas d'apporter un n-ième avis trouvable sur des blogs destinés à une communauté fermée et déjà initiée. De nombreux sites de qualité existent déjà, mais ils sont pour moi trop « opaques ».

Mon souhait était donc de « casualiser » le Visual Novel : de permettre à un public classique, à des lecteurs de romans, de comprendre ce que sont ces œuvres, et les aborder en toute simplicité. Ce désir est l'essence même de Visual Test. C'est un but difficile à atteindre, je m'y suis éloigné à plusieurs reprises, mais je tente de garder en tête cette image d'un site pour le grand public.

Pour moi, la traduction de Visual Novel n'est qu'un moyen parmi tant d'autres d'atteindre cet idéal cité précédemment, mais je m'étalerai un peu plus dans les futures questions.

 

3)- Pouvez vous nous parler de l'histoire de la création de votre équipe ?

Il est difficile de parler de l'équipe sans parler du site en lui même. Pour ce faire, je vais commencer par un bref récapitulatif de l'histoire de Visual Test.

À la base, Visual Test était une aventure purement solitaire. J'ai essayé de lancer le projet sur un hébergeur de blogs, mais l'expérience ne m'a pas séduite. Je voulais quelque chose de plus flexible, qui répondrait à mes besoins futurs : les blogs étaient trop restrictifs sur ce point là.

J'ai découvert rapidement que mon hébergeur internet m'offrait une page perso via un service FTP, et je me suis dit qu'il était l'occasion de l'utiliser. À l'époque, je ne connaissais rien en HTML, en PHP, en MySQL ; ce qui ne m'a pas empêché de me jeter à l'eau et de m'y mettre. Après quelques jours de travail intensif, le site était en ligne avec deux ou trois critiques et un design digne des années 90. Visual Test venait de gagner un objectif secondaire : tester ma capacité à coder un site web entièrement à la main et en ligne de code. Au fil des mois, le site a grandi (mes compétences en programmation aussi), ce qui l'a mené à ce qu'il est aujourd'hui.

La question concernait donc l'équipe ? J'ai envie de répondre par une question : « Bien sûr, laquelle ? ». Visual Test n'a aucun membre fixe, excepté moi-même. J'aime plutôt dire que Visual Test a des « contributeurs » plus ou moins fréquents.

 

4)- Qui sont les personnes qui composent votre équipe ?

« Personne et un tas de monde. »

Pour répondre à cela, je vais essayer de décrire la composition des « équipes » de chaque projet.

Pour le noyau dur du site, la partie « critique + news », je suis l'unique rédacteur. Seule une âme bienfaitrice me soutient dans leur correction. Si quelqu'un devait mériter le titre de « Membre de Visual Test », ce serait bien Chrono. Il est une connaissance rencontrée il y a 3 ans, à qui j'ai fait découvrir « Umineko no Naku Koro ni ». Depuis, cette personne me suit dans mes projets. Il n'est pas un grand lecteur de VN, mais il est là quand j'en ai besoin, et participe à l'intégralité des autres projets du site.

Concernant le projet de traduction de « Umineko no Naku Koro ni », nous étions quatre personnes sur ce projet : Chrono, Quizzman, TLCD et moi. Quizzman est une personne que j'ai rencontré sur Mononoke-BT. Il nous a aidé sur le contrôle qualité de notre traduction. Malheureusement, suite à un emploi du temps plus chargé que prévu, ce contributeur a dû nous quitté. Durant la phase de beta-lecture du VN, Chrono et moi avions repéré une personne particulièrement appliquée dans son travail. Ce fut un certain TLCD qui reprit le flambeau de Quizzman, et nous lui devons une fière chandelle.

Concernant le projet de traduction de « The Dandy Girl », nous étions à nouveau quatre sur ce projet, bien que Visual Test n'était là qu'en support. Leviathan a été l'initiateur et le traducteur. Il m'avait contacté pour résoudre un problème de programmation. Au final, Leviathan m'a envoyé sa traduction entière, et nous nous sommes occupés de résoudre son problème, corriger et relire sa traduction. Ce projet s'est imposé de lui-même pendant notre traduction de « Umineko no Naku Koro ni », et les membres du premier projet ont participé au second.

Enfin, parlons maintenant de notre projet de création de VN : « Lovecraft : Beyond the wall of sleep ». Cette fois-ci, j'ai choisi de faire quasi table rase. Il n'y a donc que deux membres : Vivien G. et moi-même. Je m'occupe de la direction artistique et de la programmation du Visual Novel, tandis que Vivien G. s'occupe de la réalisation des illustrations. Vivien est un artiste que j'ai rencontré sur le site BDAmateur (http://www.bdamateur.com/), et qui a offert ses services bénévolement. Bien qu'il soit un dessinateur amateur, il n'en est pas à son premier projet d'illustrations et compte se lancer dans un projet professionnel d'ici peu de temps.

Enfin, de nombreux autres contributeurs ont apporté un certain service au site ou à ces projets, comme RyleFury, Ismo... J'en profite pour tous vous remercier !

 

5)- Définissez votre équipe en 2 mots.

Changeante et hétéroclite.

Changeante, car chaque fin de projet est pour moi le moment de tourner une page, de lancer une idée nouvelle et originale, et d'aller chercher de nouveaux contributeurs. Nos projets sont des aventures d'un temps, avec un début et une fin. Je ne suis pas du genre à pousser les gens vers la sortie, mais je pense qu'il est plus intéressant d'avoir des talents variés, plutôt que de se forcer à garder les mêmes personnes sur des thèmes différents.

Hétéroclite, car j'aime travailler avec des personnes de tout horizon. La majorité des contributeurs n'ont lu qu'un ou deux Visual Novel, et Vivien n'en a par exemple jamais lu. Je pense que la force de nos « équipes temporaires » est ce melting pot culturel. Bien que nous n'ayons rien en commun, nous réussissons à nous unir sur un projet qui nous intéresse tous.

 

6)- Quel est la sélection faite pour déterminer les jeux à noter ? Et pour les jeux que vous traduisez ?

Les premiers Visual Novel critiqués sont des œuvres assez connues, découvertes sur Mononoke-BT. Comme tout lecteur, je souhaitais me forger un avis sur ces « monuments ». Lorsque je relis ces anciennes critiques, je me dis que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Je suis d'ailleurs en train de réécrire certaines d'entre elles, car elles ne correspondent pas/plus à l'image que je souhaite donner du site.

Dorénavant, je dirais que ma sélection se fait par du shopping et par du bouche à oreille. Je me rends sur vndb (http://vndb.org/) pour trouver des VN qui sortent de l'ordinaire et qui pourraient m'intéresser. L'exemple que j'aime cité est "SINKHA Zero", un Visual Novel américain datant de 1994. Personne ne le connaît, et il est pour moi bien plus accessible au grand public qu'un "Katawa Shoujo" ou un "Da Capo". Il m'arrive aussi de faire des critiques d’œuvre m'aillant été conseillée, comme "Never7". En ce moment, j'essaie aussi de lire des œuvres courtes, car je n'ai plus le temps de passer des heures entières devant un VN. Mon emploi du temps est plus que chargé, et je lutte pour consacrer un peu de temps au site.

Concernant les Visual Novel que nous avons choisi de traduire...

La traduction de « Umineko no Naku Koro ni » était un souhait de longue date. Lors de sa première lecture, je m'étais amusé à le traduire pour un ami anglophobe. Je n'ai pas terminé cette pseudo traduction, car je ne comprenais rien à la programmation d'ONScripter à l'époque. J'ai choisi de relancer ce projet car ce VN mérite d'être découvert. Malgré une forte empreinte japonaise, « Umineko no Naku Koro ni » est aussi imprégné d'une certaine aura occidentale. Personne ne niera les liens étroits entre cette œuvre et Agatha Christie, la Divine Comédie et j'en passe. Ces différentes facettes m'ont poussé à me lancer dans ce projet.

Pour « The Dandy Girl », je m'étais fait une petite note mentale après l'avoir lu : « Trouver du temps pour le traduire. » Le VN n'est pas long, mais l'émotion qu'il m'a procuré a été si grande, qu'il devait être retranscrit en langue française. Malgré tout, j'avais préféré attendre la fin de notre premier projet de traduction avant d'en débuter un second. Vous connaissez déjà la suite.

7)- Noter un VN parait un exercice assez périlleux vu qu’il s’agit de noter principalement un scénario, ce qui est assez complexe vu que son appréciation se base sur de nombreux critères subjectifs propres au lecteur. Quelle est votre méthode pour surmonter ce problème ?

Ma notation ne se base pas principalement sur le scénario. Un Visual Novel est un tout, composé d'une histoire, de musiques et de graphismes. Un bon VN est une œuvre capable de lier tout cela, pour donner une ambiance particulière et riche en émotions. Bien entendu, le scénario a un poids plus important que le reste, car l'interaction entre le lecteur et l’œuvre passe avant tout dans la lecture et non la contemplation. Toutefois, il serait trop réducteur de noter uniquement le scénario.

Je ne me permets pas l'honneur de dire que mes critiques sont objectives. Même si j'essaie d'avoir le ressenti le plus proche d'un lecteur lambda, il m'est difficile d'être totalement neutre. Pour surmonter ce problème, je me pose quelques questions assez simples. Mon émotion a-t-elle évoluée positivement durant la lecture ? Ais-je été surpris à de nombreuses reprises ? L'auteur a-t-il réussi à diriger ma lecture ? Ais-je été émerveillé/transporté face à certaines scènes ? Lorsque ces réponses sont positives, l'aspect technique du VN n'a pas grande importance, et la notation est supérieure à 3/5.

Lorsque la réponse est non, je me reporte sur les qualités techniques de l’œuvre pour la noter. Je ne pense pas être sévère dans mes critiques. Une question que j'aime me poser est aussi « Oserais-je proposer ce VN à un lecteur de romans lambda ? ». Vous pouvez comprendre pourquoi je considère les scènes H comme des catastrophes scénaristiques.


8)- La traduction de VN étant en japonais à la base, cela pose certains problèmes d'adaptation dans la langue française. Quel parti-pris prenez vous pour ce genre de problème ? (Une traduction avec quelques notions de japonais pour les adeptes de la Japanimation où une traduction totale pour que n'importe qui comprenne au risque de perdre un peu du sens originel).

Tout d'abord, je tiens à préciser que parmi nos deux traductions, une seule était à l'origine en japonais  : « Umineko no Naku Koro ni ». « The Dandy Girl » étant déjà en anglais, nous n'avons pas eu les soucis évoqués dans la question. Toutefois, je vais essayer de donner mon point de vue sur ce sujet épineux.

Chez Visual Test, nous n'avons personne de compétent pour traduire directement des œuvres du japonais vers le français. Afin de palier à ce problème, nous utilisons des adaptations anglaises réalisées par d'autres équipes. Je pars du principe que toutes traductions « japonais vers anglais » entraînent irrémédiablement une perte du sens originel. Quelques soient les dires de l'équipe anglaise sur leur travail, il est évident que l'anglais et le japonais sont des langues totalement asymétriques. (Symboles contre lettres, idées contre mots...) À mon goût, une œuvre n'est jamais « traduite », elle est uniquement copiée dans une autre langue, avec plus ou moins de brio.

De ce fait, je trouve erronée toute approche « littéraire » d'une traduction anglaise. Dans la majorité des cas, ces décisions mènent à des lourdeurs d'écriture, au détriment du plaisir du lecteur. Mon parti pris est donc clairement de choisir une adaptation totale. Elle permet un élargissement considérable du public, ainsi qu'une liberté d'écriture et des tournures des phrases. Bien entendu, une adaptation n'est pas une réécriture, et il est normal de garder l'essence de l'histoire originelle. Une compréhension profonde de l’œuvre est par ailleurs obligatoire. Toutefois, une adaptation ne doit pas être bête et méchante, mais réfléchie.

Il est aussi important de se rappeler de l'ambiance de l'histoire dans la langue d'origine, et certains termes n'ont pas à être traduits. Pour « Umineko no Naku Koro ni », nous avons fait le choix de garder les suffixes honorifiques tels que « san » et « sama ». Ils sont aisément traduisibles, mais l'ambiance en sera-t-elle bonifiée ? La réponse est clairement non. L'histoire se déroule au Japon, et non dans une campagne française. Imaginez-vous vous balader dans Skyrim et rencontrer des « Comtes » au lieu des « Jarl », des « Hommes de maison » au lieu des « Huscarl »...  L'ambiance ne doit pas être sacrifiée sur l'autel de la francisation.

Le travail d'adaptation est donc une tâche difficile. Autant il est nécessaire de réécrire la forme littérale de l’œuvre, autant il est obligatoire de garder son essence, son sens et son ambiance. Je ne suis pas sûr d'avoir toutes les qualités pour ce genre de travail, mais j'essaie de faire de mon mieux.

 

9)- Pourquoi s’être lancé dans un projet de création de Visual Novel ? Qu’attendez vous de ce projet ?

Le projet Lovecraft : Beyond the wall of sleep (BTWOS) est parti d'une réflexion personnelle.

Je pense qu'il n'y a pas à débattre sur le fait que la majorité des VN sont d'origine japonaise. Bien que des créations européennes/américaines sortent en ce moment, ces œuvres ne sont bien souvent que des copies plus ou moins réussites de ce qui existe au Japon. (Katawa Shoujo, Sugar Delight...) Il existe bien entendu des exceptions, telles que « Being beauteous », mais il est rare de voir des véritables créations purement européennes/américaines. Pourtant, il n'y a intrinsèquement aucun lien entre les VN et le Japon. Relier les deux serait comme lier la bande dessinée avec les enfants, les livres avec la littérature classique, etc. Un Visual Novel est seulement un roman numérique et interactif, rien de plus, rien de moins. L'idée fondatrice de BTWOS était donc de casser cette idée que le VN est « plus ou moins japonais », en utilisant un matériel purement occidental.

Ce que j'attends de ce projet est divisible en deux.

Premièrement, faire découvrir le support VN à un public français, créateur et non-initié à la culture japonaise. Je ne cherche pas à ce qu'ils lisent du « Phenomeno » ou du « Demonbane », mais uniquement à ce qu'ils apprennent l'existence de ce support. Si parmi eux se trouvent des artistes, peut-être trouveront-ils un intérêt à l'utiliser pour leur création. Je compte particulièrement sur la communauté BDamateurs (http://www.bdamateur.com), qui a soutenu notre projet.

Secondement, je pense aux lecteurs de VN habituels. BTWOS permettra à certaines personnes de découvrir une œuvre majeure de la littérature horrifique. Au moment où nos grands classiques se perdent dans les greniers de grand-mère, cela ne peut pas faire de mal d'en ressortir un, en l'adaptant pour un public qui ne s'y intéresserait pas autrement. Si j'arrive à donner envie de lire du Lovecraft à quelqu'un, je serai déjà satisfait.

BTWOS a donc une portée double. Je ne sais pas si je parviendrais à atteindre ces buts, mais après tout, ce projet ne fait parti que d'un « projet plus global » . (Comprendra qui pourra la référence)

 

10)- Qu'est ce qui vous motive dans votre travail ?

Je pense que la réponse a été apportée dans toutes les questions de cet interview. Je doute qu'il soit utile d'en dire plus à ce sujet.

 

11)- Quel est votre rapport par rapport aux fans de VN / aux fans de votre groupe ?

La question m'a bien fait rire. Si fans de mon groupe il y a, qu'ils se manifestent !

Plus sincèrement, je n'entretiens aucun rapport particulier avec les fans de VN... Comme partout, certains sont très gentils, d'autres sont des abrutis. *rire* Il m'arrive de temps à autre de discuter avec des grands lecteurs de VN, mais je ne fréquente pas les sites/forums populaires et consacrés à ce média. Je préserve ainsi ma pseudo-neutralité pour mes critiques.

Quant aux fans de mon site, je les aime ! J'apprécie énormément leurs messages d'encouragement, et rien ne me fait plus plaisir que de lire des commentaires tels que « Merci de m'avoir fait découvrir ce VN ! ». Je remercie particulièrement les gens bourrés qui m'envoient des mails à 3h du matin pour me dire qu'ils ont apprécié « The Dandy Girl » ! (histoire vraie)

 

12)- Quel est votre rapport avec les autres équipes de traduction de VN ?

Visual Test n'a pas énormément de contacts avec les équipes françaises de traduction de VN. À l'exception de nos partenariats, personne ne discute avec nous, et nous ne discutons avec personne. Il y eut un temps où j'avais le souhait de créer une véritable communauté et de lancer des projets en commun avec d'autres équipes. Malheureusement, les choses n'ont pas abouties, essentiellement par manque de motivation.

Disons que je préfère m'engager avec des gens sérieux et qui partagent les mêmes valeurs que moi. Ces gens sont dans mes partenariats. Les autres ne les partagent pas, n'ont pas encore pris contact avec moi ou je ne les connais pas.


13)- Comment définiriez-vous le VN avec vos propres mots ?

J'aime dire que le Visual Novel est un « livre augmenté » par l'ajout d'illustrations, de musiques, d'animations et d’interactivité. Il est la rencontre de plusieurs types de média différents : le roman classique, la bande dessinée, le roman audio, le « Livre dont vous êtes le héros », et parfois le jeu vidéo. Il est pour moi l'évolution naturelle du e-book.


14)- Que pensez-vous du futur du VN en France? Notamment des projets de VN français qui commencent justes à se faire entendre ?

Je suis assez mitigé sur le futur des VN en France pour une dizaine de raisons, mais je vais essayer de résumer les enjeux qui me semblent nécessaire à surmonter pour permettre l'émergence de ce média.

Premièrement, je pense que les VN sont faits pour être lus sur des tablettes et des liseuses. Or, dans leur forme actuelle, ils ne s'y adaptent pas ou très peu. Le grand public souhaitera voir les VN comme des livres, et il est absurde de lire un livre sur un écran d'ordinateur ou sur sa PSP. Il me semble obligatoire de passer ce média sur un support numérique nomade, via Android, Windows Phone et autre. Ren'Py, un moteur de VN assez populaire, permet partiellement cette transition, mais malheureusement avec certaines limitations.

Deuxièmement, je trouve que l'aspect présent des VN ne donne pas envie au grand public. Il est nécessaire de l'adapter à la culture occidentale, d'une manière ou d'une autre. De ce fait, si le VN doit émerger en France, je pense qu'il ne passera pas via Ren'Py ou ONScripter, mais des moteurs développés spécifiquement pour nos besoins. Je le vois beaucoup plus comme un roman graphique à la manière de « SINKHA Zero ». Peut-être qu'il ne sera d'ailleurs jamais appelé « Visual Novel », mais qu'il portera plutôt l'appellation « roman multimédia », mais à vrai dire... quelle différence ? Je pense tout particulièrement à certaines sociétés qui se lancent déjà dans l'aventure du roman numérique, telles que 292 (http://www.292contents.com), et qui sont à surveiller avec une grande attention !

Enfin, le troisième point est pour moi le plus crucial et décisif sur l'avenir des VN en France. Étrangement, je n'ai vu personne l'aborder réellement, et pourtant il décidera de tout : l'aspect économique. En France, le prix moyen d'un livre est de 10€, et le prix de leur version dématérialisée est parfois moindre. Ce prix contient la rémunération de l'auteur, de l'éditeur, du distributeur, etc. Et pour les VN alors ? Comment rémunérer l'illustrateur, le compositeur, le programmeur ? Faire grimper le prix ? Seriez-vous sincèrement prêt à acheter un Visual Novel en France pour 30/40€ ? Comment pousser le grand public à dépenser 3 à 4 fois le prix d'un livre pour en acheter un seul ? Malheureusement, j'ai dû mal à trouver une réponse à cette question. Si la production de VN n'est pas rentable, je vois mal un professionnel s'y lancer pour le plaisir...

Concernant les projets français actuels, je ne sais pas s'ils auront énormément de succès. Abordons par exemple le cas du « Sanglot des Cigales », traduction de « Higurashi no Naku Koro ni » en français. Quel a été son succès ? Bien moindre. La publicité a été inexistante, et le public visé est beaucoup trop restreint.

Pour les projets amateurs, je n'en connais pas énormément, excepté le projet « Milk » de Träumendes Mädchen. (http://blog.traumendes-madchen.fr) Celui-ci aura probablement un écho dans la communauté concernée, mais je doute que quelqu'un s'y intéresse à l'extérieur. Je ne veux pas être méchant, mais ce projet ne m'a pas séduit. Autant « Being Beauteous » avait un certain potentiel, autant cette seconde création ne me semble pas très innovante.

Parfois, j'ai envie de pousser une petite gueulante. Nous sommes en France, et nous avons une culture propre à nous. Pourquoi s'emmerder à faire un copier-coller de ce qui existe au Japon ? La culture française n'a pas à rougir devant les autres. Utilisons ce qui est propre à l'art occidental ! Si les VN japonais ont réussi à percer en France, je ne vois pas pourquoi nos VN purement français n'y arriveraient pas à domicile. Nous avons tous les outils entre nos mains. Le futur des VN en France n'est sûrement pas dans l'imitation, mais dans la création. Tout du moins, c'est mon avis.

21Fév/13Off

[Reporting des teams] Tsukiyo Novel

Le reporting des équipes françaises continue et cette semaine c'est au tour de l'équipe Tsukiyo Novel ayant déjà traduit plusieurs visual novel (Plain Song, Red Shift, The Knife of the Traitor...) et travaillant actuellement sur Memo.

L'interview a été effectuée par Nady, membre de l'équipe Tsukiyo Novel.

- Comment avez-vous découvert les VN et avec lequel en particulier ?

J'ai découvert les VN vers l'âge de 14 ans. À cette époque, j'aimais particulièrement l'anime Higurashi no Naku Koro ni. En me renseignant un peu, j'ai vu que celui-ci était basé sur un sound novel du même nom. Forcément j'étais un peu curieuse. Je ne connaissais pas vraiment l'univers du visual novel mais j'ai tout de même téléchargé la démo sur le site officiel japonais. À ce moment-là, aucune traduction de ce visual novel n'était en cours et je ne comprenais pas un mot de japonais. J'ai donc vite laissé tomber la démo et me suis tournée vers des visual novels traduits officiellement en anglais et plus facile d'accès.

- Qu'est-ce qui vous a poussé à traduire des VN ?

J'ai toujours été intéressée par les langues en général, j'ai donc tout fait pour m'améliorer en anglais dès mes premières années de lycée. Au même moment, je m'intéressais de plus en plus aux visual novels. Je me suis rendue compte que beaucoup de personnes n'avaient pas un niveau suffisant en anglais pour pouvoir découvrir l'univers des VN. En apprenant l'existence de la team Tsukiyo-Novel, j'ai voulu tenter ma chance. De plus, j'adore traduire donc ça me permet en même temps de joindre deux passions à la fois.

- Quels sont les facteurs que vous recherchez dans les VN que vous voulez traduire ?

Nous recherchons surtout des VN ambitieux. C'est-à-dire des VN qui se démarquent parmi des centaines de projets amateurs. Je pense qu'il est important de faire connaître ce genre de travaux amateurs et gratuits de bonne qualité qui pourraient plaire à pas mal de personnes. Nous ne visons pas un public particulier, nous cherchons juste des VN assez faciles à lire et qui méritent d'être connus. Évidemment, si des gens réclament la traduction d'un visual novel, il est important de prendre cela en compte.

- Pouvez vous nous parler de l'histoire de la création de votre équipe ?

La team a été fondée il y a près de deux ans par deux personnes en particulier : Roganis et Cly-Storm, tous deux très intéressés par les visual novels. Je ne connais pas bien les détails, mais je sais qu'ils ont très vite voulu se centrer sur des visual novels amateurs de qualité. Ils ont rassemblé pas mal de personnes autour de leurs projets, notamment lors d'un projet commun avec la White Dream : Ripples.

- Définissez votre équipe en 2 mots

Passionnée et ambitieuse !

- Qui sont les personnes qui composent votre équipe ?

3 personnes font aujourd'hui partie de l'équipe :

- Moi, Nady, je m'occupe de la gestion du blog, de la traduction, de la correction et de l'édition des scripts.

- Roganis, un autre traducteur.

- Onizukaleprof, il s'occupe de la correction des scripts.

- La traduction de VN étant en japonais à la base, cela pose certains problèmes d'adaptation dans la langue française. Quel parti-pris prenez vous pour ce genre de problème ? (Une traduction avec quelques notions de japonais pour les adeptes de la Japanimation où une traduction totale pour que n'importe qui comprenne au risque de perdre un peu du sens originel)

La majorité de nos visual novels sont écrits à la base en anglais. Malgré cela, certains d'entre eux ont une "empreinte" japonaise assez visible. Afin de respecter le choix de l'auteur, nous ne changeons pas les notions japonaises dans ce cas-là précisément. Cependant, s'il s'agit d'une oeuvre japonaise, il est normal de l'adapter à la française en supprimant toute expression japonaise n'ayant pas de sens pour un français lambda. Une relecture de nos VN (déjà traduits) est d'ailleurs en cours afin de corriger ce genre de fautes.

- Qu'est-ce qui vous motive dans votre travail ?

Je sais que beaucoup de personnes apprécient ce que nous faisons. Cela me permet de continuer à traduire en ayant en tête que des gens sont heureux d'avoir une traduction française agréable à lire d'un visual novel qu'ils ne connaissaient pas. Je prends toujours du plaisir à travailler sur un projet grâce à cela.

- Quel est votre rapport par rapport aux fans de VN / aux fans de votre groupe ?

Je pense que ce n'est pas vraiment le même public. Je dirais que la plupart des gens qui lisent nos visual novels "débutent" tout juste. Ils ne sont pas forcément fans de visual novels en général, juste qu'ils cherchent de quoi se lancer facilement dans ce genre de média. C'est plutôt normal vu que nous ne traduisons pas de "gros" VN mais uniquement des petits projets gratuits et amateurs (qui sont tout de même de qualité heureusement).

- Quel est votre rapport avec les autres équipes de traduction de VN ?

Comme je l'ai dit, nous avons déjà fait un projet commun avec la White Dream, qui est donc un de nos partenaires. Il y a également Visual Test, notre partenaire le plus proche que je recommande vivement. Nous prévoyons d'ailleurs de faire un projet en commun, mais cela n'est pas pour tout de suite. Concernant les autres équipes, il n'y a pas de rapport particulier malheureusement. Il serait pourtant intéressant d'établir une communauté commune vu qu'elle n'est déjà pas bien grande séparée d'un bout à l'autre.

- Comment définiriez-vous le VN avec vos propres mots ?

Je dirais qu'un visual novel est un média à part. C'est le mélange entre un jeu vidéo et un livre, puisque le texte prend une part considérable. Cependant, il ne faut pas confondre texte et scénario, puisque bon nombre de visual novels ont un scénario très très restreint... Mais on peut par contre parler d'histoire. C'est un livre interactif la plupart du temps. Le joueur (ou le lecteur) est directement impliqué dans l'histoire. Il y a toutes sortes de visual novels différents, je préfère donc être ouverte dans la définition que je lui donne et ainsi inclure des jeux vidéo d'aventure (comme Ace Attorney ou 999) dans cette catégorie.

- Que pensez-vous du futur du VN en France? Notamment des projets de VN français qui commencent justes à se faire entendre ?

Je pense que le visual novel peut se faire une petite place en France. Petit à petit, il y a de plus en plus de gens qui en entendent parler donc forcément ça ne peut qu'augmenter sa popularité. Cependant, je ne parie pas non plus là-dessus. C'est-à-dire qu'au contraire, si personne ne fait rien, le visual novel peut retomber dans l'oubli car il n'y a que très très peu de gens qui en font la pub. Heureusement, et ce serait plus dans le domaine des jeux vidéo, on peut espérer que des boîtes comme CAPCOM puissent un peu ranimer l'image du visual novel en France grâce à une sortie probable des nouveaux Ace Attorney dans notre pays. Je pense qu'il faut miser sur ce genre d'espoirs pour pouvoir éventuellement faire connaître des visual novels plus "expérimentaux" à des gens ne connaissant pas du tout ce milieu. Malheureusement, je ne pense pas que les projets "français" de base puissent augmenter la popularité des VN. Ceux-ci existent depuis un bout de temps et il n'y a pas eu de réel changement depuis.

3Fév/13Off

[Reporting des teams] White Dream

Pour une meilleure connaissance des équipes françaises ayant un rapport avec le visual novel, nous avons lancé un reporting des teams qui a consisté à interviewer toutes les équipes françaises actives qui traduisent ou créent des visual novel.

Nous publierons donc ces interviews à intervalle régulier, et cette semaine nous commencerons avec l'interview de l'équipe White Dream, travaillant actuellement sur 2 projets : Kanon et Planetarian.

L'interview a été effectuée avec Zebdal, co-fondateur de l'équipe White Dream.

- Comment avez-vous découvert les VN et avec lequel en particulier?
J'ai un ami qui y joue, et j'ai découvert ça aussi grâce à internet en voyant que certains animes existaient en jeux vidéo.
Mon premier VN auquel j'ai touché était Utawarerumono

- Qu'est-ce qui vous a poussé à traduire des VN ?

Disons que je suis assez fan des oeuvres de Key, et je souhaitais voir leur oeuvre traduite en français pour que d'autres français puissent découvrir ce jeu.
Donc quand j'ai vu une personne qui travaillait sur Clannad et souhaitait faire Kanon, je l'ai contacté

- Quels sont les facteurs que vous recherchez dans les VN que vous voulez traduire?

On traduit principalement des oeuvres de Key.
Après, peut-être qu'un jour, on traduira d'autres VN, mais pour l'instant, on ne travaille que sur du Key.
On est tous fans de Key à la base dans l'équipe de trad, donc on fait du Key.

- Pouvez-vous nous parler de l'histoire de la création de votre équipe?

Donc comme je l'ai dit, j'ai trouvé une personne du pseudo de Sosongoku sur youtube qui avait déjà travaillé sur une traduction de Clannad, et quand j'ai vu qu'il souhaitait traduire Kanon également, je l'ai contacté pour commencer à le traduire.
J'ai donc commencé à traduire le jeu en solo au début, puis au bout de 1 à 2 mois, je lui ai dit que ça serait pas mal d'avoir un site web pour bien structurer le projet. Du coup, on a monté notre team à ce moment là, et ensuite on a fait un peu de pub sur le web pour trouver d'autres traducteurs.

- Définissez votre équipe en 2 mots

White Dream (le nom de notre team)

- Qui sont les personnes qui composent votre équipe?

Donc pour commencer, moi (zebdal), je fais un peu de tout, traduction, correction, webmaster, etc...
Ensuite Sosongoku qui lui bosse sur l'édition d'images et la compilation des patchs en plus de la traduction.
On a stefiante qui traduit, Suryce qui traduit, Calacacu qui traduit, et on a eu pendant un temps k66 qui traduisait et corrigeait. Mais maintenant, n'ayant plus le temps de se consacrer au projet, il a arrêté, et avec ça, on a eu quelques autres personnes qui sont venues traduire pendant un temps très court.

- La traduction de VN étant en japonais à la base, cela pose certains problèmes d'adaptation dans la langue française. Quel parti-pris prenez-vous pour ce genre de problème? (Une traduction avec quelques notions de japonais pour les adeptes de la Japanimation ou une traduction totale pour que n'importe qui comprenne au risque de perdre un peu du sens originel)

Eh bien, disons que l'on traduit à partir de patchs anglais donc la langue japonaise n'est pas une barrière.
Cependant on a fait quand même des choix pour adapter notre traduction aux français. Par exemple on a supprimé tous les suffixes comme -chan -san -sama, etc... et on a traduit des termes japonais. Lorsqu'on a des soucis avec le texte, on jette un coup d'oeil aux scènes originales en japonais pour ne pas se tromper sur le sens d'une phrase
mais après, il est vrai que certaines phrases sont difficilement traduisibles en français, et on est obligés dans le cas présent de trouver un équivalent en français, tout en ne dénaturant pas l'oeuvre originale.
C'est souvent ce genre de phrases à traduire qui nous donne du fil à retordre.

- Qu'est-ce qui vous motive dans votre travail?

De voir le résultat final après 2 ans de traduction.
Et également de recevoir du soutien des gens par mail ou sur les forums.

- Quel est votre rapport par rapport aux fans de VN / aux fans de votre groupe ?

On est une communauté petite mais assez soudée.
Je sais que par exemple, on a bossé avec l'équipe de Tsukiyo Novel pour la traduction de Ripples.
On se connait tous plus ou moins, donc tout se fait dans la joie et la bonne humeur.

- Quel est votre rapport avec les autres équipes de traduction de VN ?

On est plus ou moins en contact sur divers forums ou par msn, on s'entraide parfois.
Il n'y a pas de rivalité puisqu'on a la même philosophie de travail.
On encourage même à ce que de nouvelles équipes se forment.
Même si c'est pas donné à tout le monde de traduire des visual novels, vu que ça demande un investissement en temps énorme.

- Comment définiriez-vous le VN avec vos propres mots ?

Le VN c'est le type de jeu où on a la plus grande liberté d'écriture de scénario.
Ceux qui aiment les scénarios bien travaillés de bout en bout, c'est dans les Visual Novels qu'il faut taper.

- Que pensez-vous du futur du VN en France? Notamment des projets de VN français qui commencent justes à se faire entendre?

Pour l'instant, le VN n'a pas un avenir tout tracé.
En France, le VN est trop peu méconnu, et souvent même mal vu par les gens.

Donc tant que la mentalité des joueurs n'aura pas évolué à ce niveau là, je pense que les VN français évolueront que dans des petites niches de joueurs.
Mais sait-on jamais, peut-être que demain, une vague de joueurs viendront se mettre aux VN, ce qui permettra au VN français d'avoir un coup de pouce.
Mais pour l'instant, c'est loin d'être le cas.
Mais tant qu'il y aura des gens pour jouer et traduire des VN, même en petit comité, je pense que ça ne s'arrêtera pas.